Le principe, en une phrase
Le modèle propose, des règles fixes vérifient, et vous décidez. Un modèle de langage sait proposer des questions pertinentes pour une enquête de suivi post-distribution ou une étude de base. Il n'est pas fiable pour ce qui fait qu'un XLSForm fonctionne : des noms de variables uniques, des conditions qui citent des questions qui existent, des formules qu'ODK sait exécuter. Une erreur sur ces points ne se voit pas à l'écran ; elle se découvre au déploiement, ou sur le terrain, devant un enquêteur.
La méthode sépare donc les deux. Le modèle travaille sur le contenu. Tout ce qui touche à la structure passe par des règles écrites, testées et identiques à chaque fois : un compilateur de formules, des contrôles de noms, un audit du classeur, puis une validation par les outils mêmes qu'utilise KoboToolbox.
Concrètement : si une condition d'affichage demande
${recu_aide} = 'oui', ce n'est pas parce que le modèle l'a écrit qu'elle part dans le fichier.
Elle part parce que recu_aide existe, que oui est bien une de ses modalités, et que
l'expression a été compilée.
Quatre façons de construire, quatre rôles pour l'IA
Le XLSForm Builder d'Opti Gemba accepte quatre points de départ. L'intelligence artificielle n'y joue pas le même rôle, et c'est volontaire : plus votre document en dit, moins le modèle a à décider.
| Point de départ | Ce que fait l'IA | Ce qu'elle ne fait pas |
|---|---|---|
| Décrire l'enquête | Propose un plan de sections, puis les questions, modalités, conditions et calculs. | Décider des langues ou du sujet à votre place : ils viennent de votre demande. |
| Demander une modification | Applique ce que vous désignez : « rends cette question obligatoire », « ajoute une contrainte ». | Toucher au reste du questionnaire. Chaque modification est annulable. |
| Importer un Word ou un PDF | Complète ce que le document ne dit pas : un type de question absent, une traduction manquante. | Reformuler une question, inventer un code de modalité, ajouter une question non écrite. |
| Importer un XLSForm, saisir à la main | Rien. | Les contrôles de syntaxe et la validation ODK s'appliquent quand même. |
Les étapes d'une génération
Un questionnaire complet ne sort pas d'un appel unique à un modèle. Il se construit en étapes, dont chacune répond à un risque précis. Vous voyez le plan avant qu'une seule question ne soit écrite, et le questionnaire se remplit sous vos yeux, section par section.
| Étape | Ce qui s'y passe | Le risque qu'elle couvre |
|---|---|---|
| 1. Cadrage | Le sujet, le type d'enquête et les langues sont tirés de votre demande. Un texte de consentement éclairé est préparé dans chaque langue. | Un questionnaire dans la mauvaise langue, ou sans consentement. |
| 2. Plan | Les sections sont proposées et affichées, avec leur nombre estimé de questions. Le coût est estimé sur ce plan, avant la génération. | Un questionnaire hors sujet, découvert une fois payé. |
| 3. Conception | Pour chaque section, le modèle propose les questions, leurs types et leurs dépendances. | Un bloc monolithique où une erreur se propage partout. |
| 4. Enrichissement | Par lots de dix questions : modalités, contraintes, consignes. | Une réponse tronquée qui perd des questions. |
| 5. Construction | Sans modèle : noms de variables, listes de choix dédupliquées, caractère obligatoire, apparence. | Des noms en double, trois listes pour la même échelle. |
| 6. Conditions | Une passe dédiée écrit ou répare les conditions d'affichage. Si la modalité visée n'existe pas, la condition est retirée plutôt que devinée. | Une question qui s'affiche pour tout le monde, ou pour personne. |
| 7. Calculs | Scores et indicateurs sont décrits comme une structure, vérifiée arithmétiquement, puis compilée. | Un indice composite faux sans que rien ne le signale. |
| 8. Traduction | Le questionnaire est écrit dans une langue de travail, puis les autres colonnes de langue sont remplies. Une cellule déjà remplie n'est jamais réécrite. | Une traduction relue, parfois contractuelle, écrasée par une traduction machine. |
| 9. Vérification | Audit du classeur, puis validation ODK réelle avant l'export ou l'envoi vers Kobo. | Un fichier refusé au dernier geste, ou pire, accepté et faux. |
Une génération interrompue, faute de solde ou de réseau, garde les sections déjà produites et reprend à la suivante, sans repayer le plan.
L'import : le document fait autorité
Beaucoup de questionnaires existent déjà en Word ou en PDF, parfois validés par un bailleur ou un comité d'éthique. Les faire réécrire par une IA serait un risque ; les retaper, une perte de temps. La règle est donc simple : le document dicte, le modèle ne complète que les silences.
- Un tableau de spécification se lit sans IA. Quand l'en-tête dit « nom de variable, question, type, obligatoire, modalités, condition », chaque ligne est transcrite telle quelle, sans consommer un token.
- Rien n'est perdu en route. Le nombre de questions lues est comparé au nombre de questions produites ; en cas d'écart, le lot est redécoupé jusqu'à la question près. Une question n'est jamais abandonnée.
- Les sauts écrits sont reconstruits, et seulement eux. « Si oui, passer à Q10 » devient une condition ; une instruction ambiguë n'en devient pas une.
- Les noms de l'auteur sont conservés. S'il faut en changer un pour qu'ODK l'accepte, la correspondance est gardée : vous pouvez continuer à écrire « ajoute une contrainte sur HH_size ».
- Ce qu'Opti' ajoute est signalé. Une modalité « Autre » sans question « Précisez » derrière perdrait la vraie réponse : la question est ajoutée, et l'ajout figure dans les notes d'import.
Chaque import se termine par un compte rendu : ce qui a été transcrit à l'identique, ce qui a été complété, et ce qui n'a pas pu être établi. C'est à cet endroit, et non sur le terrain, que vous l'apprenez.
Ce que décide le modèle, ce que décident les règles
La frontière est nette, et c'est elle qui rend le fichier fiable.
Proposé par le modèle, relu par vous
- Le plan des sections et les questions.
- Les modalités de réponse et les consignes.
- L'intention d'une condition ou d'un calcul.
- Le texte de consentement et les traductions.
Décidé par des règles fixes
- Les noms de variables et leur unicité.
- La syntaxe de chaque formule, compilée.
- Les listes de choix, dédupliquées.
- La cohérence des groupes, et l'acceptation par ODK.
Les vérifications, une par une
Aucune formule ne sort sans être compilée
Conditions, contraintes, calculs, filtres de choix : chaque expression est analysée, contrôlée puis réécrite par un compilateur. Ce qui se répare mécaniquement l'est, sans appel au modèle. Ce qui ne se répare pas est retiré et signalé, jamais livré cassé.
Un nom qui n'existe pas est refusé, jamais deviné
Une formule qui cite une variable absente du questionnaire n'est pas rattachée à la variable « la plus proche ». Deviner, ici, c'est produire un saut qui a l'air juste et ne l'est pas.
Les noms de variables sont conformes, et leurs références suivent
Un nom de variable devient un élément XML : il ne peut pas commencer par un chiffre, ce qui fait tomber beaucoup de questionnaires numérotés. Le renommer ne suffit pas, il est cité ailleurs ; chaque renommage réécrit donc aussi toutes les références, dans les formules et jusque dans les libellés.
Les scores sont vérifiés par le calcul
Pour un indice composite (score de consommation alimentaire, rCSI, échelle de Likert), le nombre d'items multiplié par le barème maximal est comparé au diviseur écrit par l'auteur : 33 items notés sur 4 donnent 132. Si ce n'est pas le cas, Opti' dit quel nombre ne tombe pas juste. Une échelle en modalités textuelles est renumérotée pour que la somme soit calculable sous ODK, sans toucher aux libellés.
Un audit du classeur, avant tout envoi
Quatre familles d'erreurs se lisent directement dans le fichier : une modalité en double, une référence vers une question inexistante, un groupe vide, une liste de choix manquante. Cet audit tourne dans votre navigateur, hors connexion, gratuitement. Quand il ne trouve rien, il dit « rien à signaler ici », pas « questionnaire valide » : ce serait inexact.
La validation par les outils de Kobo
KoboToolbox valide un questionnaire en deux temps, et le second, celui qui lance pyxform et ODK Validate, n'a lieu qu'au déploiement. Un fichier peut donc être importé sans erreur et refusé au dernier geste. Opti' soumet le fichier à ce même couple d'outils avant l'export ou l'envoi vers votre compte KoboToolbox.
Corriger, revérifier, recommencer
ODK ne signale que la première erreur qu'il rencontre. Chaque correction est donc suivie d'une nouvelle vérification. Les corrections purement techniques s'appliquent d'office et sont annoncées ; celles qui touchent à vos noms ou à vos modalités vous sont proposées, précises, et vous les validez d'un clic. La boucle s'arrête d'elle-même si elle n'avance plus. Et un service de validation injoignable n'est jamais présenté comme un refus : il ne bloque rien.
Ce que le modèle n'a pas le droit de faire
- Inventer un nom de variable dans une formule, ni rattacher une référence cassée à un nom qui lui ressemble.
- Inventer un code de modalité. Un code utilisé dans une condition doit exister dans la liste de la question.
- Réécrire une question importée. Le libellé du document est recopié tel quel.
- Écraser une traduction existante. Seules les cellules vides sont complétées.
- Livrer une formule qui ne compile pas. Elle est réparée, ou retirée et signalée.
- Décider qu'une question sensible est facultative. C'est un choix méthodologique qui vous revient, pas une chose à deviner.
Les limites, dites franchement
Une méthode qui ne dit pas ses limites en cache une. Voici les nôtres.
- Un fichier accepté par ODK n'est pas un bon questionnaire. La validation garantit qu'il fonctionne, pas qu'il pose les bonnes questions.
- Les formulations générées peuvent être orientées ou mal adaptées au contexte culturel. Elles reflètent les pratiques courantes du secteur, pas votre terrain.
- Les traductions automatiques se relisent. Par un locuteur de la langue, idéalement un enquêteur.
- Le consentement généré est générique. Il suit la structure habituelle (identité de l'organisation, caractère volontaire, confidentialité, durée, droit d'arrêter) : adaptez-le à votre organisation et à votre enquête.
- Par défaut, les questions sont obligatoires, y compris les sensibles, sauf si votre document dit le contraire. Prévoyez une modalité « je ne souhaite pas répondre » là où elle s'impose.
- Un PDF scanné se lit moins bien qu'un Word. Lisez les notes d'import avant de partir.
La relecture et le test
Un questionnaire généré est un brouillon de qualité, pas un instrument validé. Avant la collecte, l'aperçu le montre exactement tel que le verront les répondants, et se remplit pour tester les sauts, les contraintes et la durée. Une correction repérée pendant le test se fait sur place. Puis vient le test pilote, sur le terrain, que rien ne remplace.
Les points à vérifier ne changent pas parce qu'une IA a aidé : consentement en tête, langue adaptée, formulations neutres, sauts testés sur plusieurs scénarios, listes de choix exhaustives, désagrégations prévues, scores vérifiés sur un cas connu, durée raisonnable. Les définitions et la syntaxe de base sont sur la page Qu'est-ce qu'un XLSForm.
La fiche de transparence SAFE AI
Le cadre SAFE AI, publié en 2026 pour l'IA humanitaire, demande de consigner chaque usage de l'IA dans une fiche de transparence. Pour un usage de niveau 1, comme la conception d'un questionnaire relu par l'équipe, c'est la version allégée. Nous l'avons pré-remplie pour le XLSForm Builder.
Fiche de transparence SAFE AI, pré-remplie pour le XLSForm Builder
Les six sections de la fiche allégée du guide SAFE AI Tools & Guidance v1.1. Opti' y décrit ce qu'il sait de son outil ; votre organisation complète ce qu'elle seule sait, puis la signe.
- Pré-rempli par Opti' : modèles et fournisseurs, données utilisées, garde-fous, limites connues, adaptation du modèle.
- Proposé, à confirmer : les réponses aux six lignes rouges, chacune avec sa justification.
- À compléter par vous, surligné en jaune : contexte, responsables, suivi, décisions.
La fiche dit aussi quand elle ne suffit plus : si un questionnaire généré devait être administré sans relecture humaine, l'usage changerait de niveau. Pour le rapport narratif, une fiche équivalente accompagne la méthodologie du rapport.
Vos données
Le générateur ne voit que le questionnaire : votre demande, la structure en cours et, à l'import, le document déposé. Les réponses des personnes interrogées ne lui sont jamais transmises. Les modèles utilisés sont ceux de Mistral AI, hébergés dans l'Union européenne ; aucune donnée ne sert à entraîner un modèle. Le détail, sous-traitants compris, est sur la page IA éthique et protection des données.
Questions fréquentes
Les questions sont-elles écrites par l'intelligence artificielle ?
Quand vous décrivez une enquête, oui : le modèle propose les questions et les modalités, section par section, et vous les relisez. Quand vous importez un questionnaire rédigé en Word ou en PDF, non : le texte de votre document est recopié à l'identique, et le modèle ne complète que ce que le document ne dit pas. La syntaxe, elle, n'est jamais laissée au modèle : noms de variables, formules et structure passent par des règles fixes.
Le questionnaire passera-t-il sur KoboToolbox ?
Avant tout export ou envoi vers Kobo, Opti' soumet le fichier au même couple d'outils que Kobo au déploiement, pyxform et ODK Validate. Un refus est traduit en correction : appliquée d'office si elle est purement technique, proposée pour accord si elle touche à vos noms ou à vos modalités, puis le fichier est revérifié. Si le service de validation est injoignable, rien n'est bloqué et Opti' le dit.
Opti' peut-il modifier les questions de mon document ?
Non. À l'import, le libellé est recopié tel quel, les codes de modalité et les noms de variables écrits par l'auteur sont conservés, et les traductions déjà présentes ne sont jamais écrasées. Quand Opti' ajoute quelque chose, par exemple une question « Précisez » après une modalité « Autre », l'ajout est signalé dans les notes d'import.
Comment les scores et indices sont-ils calculés ?
Le modèle décrit le score comme une structure (les items, le barème de chaque réponse, la pondération, l'agrégation), et cette structure est vérifiée arithmétiquement avant d'être compilée en formule. Si le nombre d'items multiplié par le barème maximal ne correspond pas au diviseur écrit, Opti' dit quel nombre ne tombe pas juste, au lieu de livrer un indice faux.
Mes réponses collectées passent-elles par le générateur ?
Non. Le générateur ne voit que le questionnaire : votre demande, la structure en cours et, à l'import, le document déposé. Les réponses des personnes interrogées ne lui sont jamais transmises.
Qu'est-ce que la fiche de transparence proposée sur cette page ?
C'est la fiche de transparence allégée du cadre SAFE AI, pré-remplie par Opti' pour l'usage du XLSForm Builder, au format Word. Opti' y décrit son outil, ses données, ses garde-fous et ses limites ; votre organisation complète le contexte, les responsables et les décisions, puis la signe.
Où cela se passe dans Opti'
Opti Gemba
Le questionnaire, la collecte, l'analyse et le rapport, dans une même mission MEAL.
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Connecter KoboToolbox
Envoyer le questionnaire vers Kobo en un clic, et récupérer les réponses.
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Méthodologie du rapport
La même transparence pour le rapport narratif : ce qui est calculé, ce qui est rédigé.
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