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Baseline et endline : mesurer le changement d'un projet

Une baseline établit la situation avant le démarrage des activités. Une endline mesure la situation à la fin, pour dire ce qui a changé. Tout l'intérêt du dispositif tient à une seule condition, souvent perdue en route : que les deux enquêtes soient réellement comparables.

Baseline et endline, en une phrase

La baseline, ou étude de base, mesure la situation de référence des populations ciblées avant que le projet ne commence à agir. L'endline, ou enquête finale, mesure la même chose après. La différence entre les deux est ce que le projet revendique avoir changé.

Entre les deux, une midline peut être menée à mi-parcours. Elle ne sert pas à conclure mais à corriger : si un indicateur ne bouge pas au bout d'un an, il reste du temps pour changer d'approche, ce qui n'est plus le cas à l'endline.

À retenir : une baseline n'a de valeur que par l'endline qui la suivra. Une étude de base menée sans savoir comment elle sera reproduite deux ans plus tard est une dépense, pas une mesure.

Quand mener chacune

La baseline se mène avant le démarrage des activités, et c'est la contrainte la plus souvent violée. Une étude de base réalisée trois mois après le début des distributions ne mesure plus une situation de départ : elle mesure déjà un effet, et le projet perd sa référence.

  • Baseline : dans les premières semaines du projet, avant toute activité sur le terrain.
  • Midline : à mi-parcours, sur un projet assez long pour qu'une correction reste possible.
  • Endline : à la fin des activités, assez tôt pour que les bénéficiaires soient encore joignables.

Sur un projet court, moins d'un an, la midline n'a généralement pas de sens : le temps de collecter, d'analyser et de décider, le projet est terminé. Mieux vaut alors un suivi léger et continu, comme une PDM après chaque cycle de distribution.

La règle qui décide de tout : la comparabilité

Une endline ne se compare à une baseline que si les deux ont posé les mêmes questions, aux mêmes types de personnes, de la même façon. Chaque écart introduit entre les deux devient une explication alternative au changement observé, et rend la conclusion contestable.

Ce qui doit rester identiqueCe qui peut changer sans dommage
La formulation exacte des questions d'indicateurLes questions de contexte ajoutées à l'endline
Les modalités de réponse et leur ordreL'ordre des sections du questionnaire
La période de rappel (« au cours des 7 derniers jours »)La langue de collecte, si la traduction est validée
La méthode d'échantillonnage et la base de sondageLes enquêteurs, si la formation est équivalente
Les seuils et scores calculés, avec leur pondérationL'outil de collecte, tant que les données sortent au même format
La saison, autant que possibleLe nombre de superviseurs
Le piège de la saison. Sur les indicateurs de sécurité alimentaire, comparer une baseline menée en période de soudure à une endline menée après récolte produit une amélioration spectaculaire qui ne doit rien au projet. Quand le calendrier l'impose, cela se dit dans le rapport, cela ne se cache pas.

La façon la plus sûre de tenir cette règle est de réutiliser le questionnaire de la baseline plutôt que d'en réécrire un. C'est aussi la raison pour laquelle le fichier XLSForm de la baseline doit être archivé avec ses données, et pas seulement l'export final.

Ce qu'on mesure de part et d'autre

Les indicateurs d'une baseline et d'une endline sont ceux du cadre logique, au niveau des résultats et de l'objectif spécifique. Ce sont eux qui portent la promesse faite au bailleur, et ce sont donc eux qui doivent être mesurés deux fois.

  • Les indicateurs d'objectif et de résultat : ce que le projet prétend changer. Obligatoires aux deux temps.
  • Les caractéristiques du ménage : taille, composition, sexe et âge du chef de ménage, statut (déplacé, hôte, retourné). Elles servent à la désagrégation et à vérifier que les deux échantillons se ressemblent.
  • Les scores composites : score de consommation alimentaire, indice de stratégies de survie, score de diversité alimentaire. Leur pondération doit être strictement la même aux deux temps.
  • Les indicateurs d'activité : ils relèvent du suivi courant, pas de l'enquête. Les inclure allonge le questionnaire sans rien apporter à la comparaison.

Un questionnaire de baseline trop long est le défaut le plus répandu. Chaque question ajoutée devra être reposée à l'endline, à la même population, dans les mêmes termes. Une question dont personne ne sait ce qu'elle servira à démontrer coûte deux fois.

Échantillon et méthode

La taille d'échantillon se calcule sur l'indicateur principal, et pas sur le confort : c'est elle qui détermine si une différence observée entre baseline et endline est un vrai changement ou du bruit. Le calculateur de taille d'échantillon donne le chiffre et la formule qui le produit.

Deux points de méthode se décident à la baseline et s'appliquent ensuite sans discussion :

  • Panel ou échantillons indépendants. Réinterroger les mêmes ménages est plus puissant statistiquement, mais suppose de pouvoir les retrouver deux ans plus tard, ce qui est rarement acquis en contexte de déplacement. Deux échantillons indépendants tirés de la même base sont plus robustes en pratique.
  • Groupe de comparaison ou non. Sans zone témoin, une baseline et une endline montrent une évolution, pas un impact attribuable au projet. C'est une limite à écrire dans le rapport, pas un défaut à masquer.

Le qualitatif complète utilement les deux temps : quelques focus groupes à l'endline expliquent souvent pourquoi un indicateur n'a pas bougé, ce qu'aucun pourcentage ne dira.

Erreurs fréquentes

  • Mener la baseline après le démarrage. La référence est perdue, et aucune analyse ne la reconstruit.
  • Réécrire le questionnaire à l'endline. Une question reformulée « pour être plus claire » casse la comparaison sur cet indicateur.
  • Changer la période de rappel. Passer de 7 à 30 jours entre les deux enquêtes suffit à inverser une tendance.
  • Perdre le fichier de la baseline. Sans le questionnaire d'origine ni les données brutes, l'endline mesure autre chose.
  • Comparer des échantillons de composition différente. Si l'endline touche plus de ménages déplacés que la baseline, l'écart observé peut venir de là et de rien d'autre.
  • Conclure à un impact sans groupe de comparaison. Une évolution n'est pas une attribution.

Sur la manière de présenter un écart entre ce qui était prévu et ce qui est mesuré, sans le maquiller ni le dramatiser, l'article justifier les écarts entre résultats prévus et réels traite la question du côté du reporting. Cette page-ci répond à « comment mesurer » ; l'article répond à « comment le raconter au bailleur ».

Glossaire

Baseline
Étude de base, menée avant le démarrage des activités pour établir la situation de référence.
Midline
Enquête à mi-parcours, destinée à corriger le tir tant qu'il reste du temps.
Endline
Enquête finale, menée à la fin des activités pour mesurer le changement.
Base de sondage
La liste des unités (ménages, individus, villages) dans laquelle l'échantillon est tiré.
Période de rappel
La fenêtre de temps sur laquelle porte une question, par exemple « au cours des 7 derniers jours ».
Groupe de comparaison
Une population non touchée par le projet, mesurée en parallèle, qui permet d'attribuer un changement au projet plutôt qu'au contexte.
Score composite
Un indicateur construit à partir de plusieurs questions pondérées, comme le score de consommation alimentaire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une baseline et une endline ?

La baseline mesure la situation avant le démarrage des activités du projet, l'endline mesure la même situation à la fin. La comparaison des deux donne le changement observé. Les deux enquêtes doivent poser les mêmes questions à des populations comparables, sans quoi la différence n'est pas interprétable.

Peut-on faire une endline sans baseline ?

On peut mener l'enquête, mais on ne peut pas mesurer de changement : sans point de départ, une endline décrit une situation sans dire d'où elle vient. Les solutions de repli, comme demander aux répondants de se souvenir de leur situation d'il y a deux ans, sont peu fiables et doivent être signalées comme telles dans le rapport.

Faut-il interroger les mêmes ménages à la baseline et à l'endline ?

Ce n'est pas obligatoire. Réinterroger les mêmes ménages (approche panel) est plus puissant statistiquement mais suppose de pouvoir les retrouver, ce qui est difficile en contexte de déplacement. Deux échantillons indépendants tirés de la même base de sondage sont plus robustes en pratique.

Quelle taille d'échantillon pour une baseline ?

Elle se calcule sur l'indicateur principal, à partir de la taille de la population, de la marge d'erreur acceptée et du niveau de confiance visé. Le calculateur de taille d'échantillon d'Opti' donne le chiffre et la formule qui le produit, et la même taille doit être visée à l'endline.

Peut-on générer un questionnaire de baseline automatiquement ?

Oui. Opti Gemba génère un questionnaire XLSForm complet à partir d'une description en langage naturel, avec les scores composites et leur pondération, prêt à importer dans KoboToolbox ou ODK. Le même questionnaire est réutilisé à l'endline, ce qui garantit la comparabilité.

Mener une baseline et une endline avec Opti'

Dans Opti Gemba, un projet accueille plusieurs missions : baseline, midline, endline, PDM, évaluation finale. Elles partagent la fiche projet, le cadre logique et les indicateurs, ce qui règle mécaniquement le problème de comparabilité : l'endline part du questionnaire de la baseline, pas d'une page blanche.

Les scores composites sont construits par le moteur de calcul, qui vérifie que tous les groupes d'aliments d'un score de consommation alimentaire sont bien pris en compte et que la pondération correspond au standard. L'analyse désagrège ensuite par sexe, âge, localité et statut, et le rapport narratif s'exporte en PowerPoint, PDF ou HTML.

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